Le bonheur au travail : un must ou un idéal inaccessible ?

Publié par Robert Half 13/03/2017

Les ouvrages de développement personnel sur le bonheur se vendent comme des petits pains et les cours pour apprendre à être heureux comptent tellement d’inscriptions que ça en devient stressant. Cet intérêt anxieux pour le bonheur nous rend-il plus heureux ? La réponse n’est pas claire, mais cette préoccupation se propage incontestablement sur le lieu de travail. Que signifie exactement le bonheur au travail et pourquoi est-il si important ? Et que faire pour vous assurer que vos employés se sentent bien ?

Le bonheur, un sujet à la mode

Le bonheur au travail est un sujet populaire. Les travailleurs ne sont plus (seulement) intéressés par un emploi qui leur permet de bien gagner leur vie, mais veulent surtout se sentir bien dans ce qu’ils font au quotidien. Certaines agences de consultance promettent par conséquent des travailleurs (plus) heureux, tandis que des Chief Happiness Officers offrent désormais leurs services. Les entreprises accordent aussi de plus en plus d’attention à ce genre d’approche durable. Le nombre de burnouts causés par l’intérêt pour les performances et l’optimisation y est certainement pour quelque chose. Par ailleurs, une récente étude Securex révèle que les employeurs heureux sont prêts à travailler plus longtemps. Un point non négligeable à l’heure où l’âge de la pension est remis en question et où la guerre des talents fait rage.

Que signifie le bonheur au travail ?

Demandez à vos collaborateurs s’ils sont heureux au travail, et la plupart d’entre eux répondront logiquement qu’ils ne le sont pas toujours. Chaque emploi apporte son lot de stress, qu’il soit dû à des clients difficiles, des projets complexes, des délais serrés ou des difficultés avec des collègues. Or, les collaborateurs stressés ou parfois frustrés peuvent aussi être heureux au travail (tant que l’insatisfaction ne prime pas). Cela signifie-t-il que le bonheur est simplement une émotion temporaire qui fait de temps en temps surface dans la vie quotidienne de vos employés ? Ou pouvez-vous aussi cultiver leur bonheur en tant qu’employeur ? Le bonheur est-il le sentiment ressenti par les travailleurs lorsqu’ils mènent un projet à bien et que vous leur adressez des félicitations bien méritées ? Ou des causes plus profondes et sous-jacentes sont-elles impliquées ?

Selon les experts du bonheur, la plupart des gens confondent le ‘bonheur au travail’ avec des instants de ‘satisfaction’. Ils affirment que le bonheur s’apparente plutôt à un ensemble de sentiments positifs comme l’espoir, l’optimisme, la confiance, la reconnaissance et l’inspiration. Les trois aspects les plus importants sont les suivants :

  • L’enthousiasme donne de l’énergie et aide les travailleurs à saisir et créer des opportunités. De plus, il est contagieux et encourage les collègues à fournir aussi des efforts supplémentaires.
  • L’intérêt aide les employés à se concentrer sur une tâche et à affronter des défis qui peuvent être lourds à court terme mais récompensent à long terme.
  • La satisfaction est le sentiment de bonheur qui survient, par exemple, lorsqu’une tâche s’achève avec succès, ce qui à son tour motive davantage les collaborateurs.

Les employés heureux sont des employés productifs

De plus en plus d’études indiquent que les entreprises prospères emploient des collaborateurs heureux qui sont plus impliqués, fidèles et créatifs que leurs collègues moins satisfaits. Par ailleurs, ils effectuent un travail de meilleure qualité et sont plus serviables. Les recherches approfondies menées par l’Université de Warwick ont révélé que les employés heureux sont aussi des employés plus productifs, qui investissent davantage de temps et d’énergie dans leur travail. Enfin, les collaborateurs heureux sont en meilleure santé, ce qui signifie non seulement qu’ils sont moins sensibles aux dépressions et aux burnouts, mais aussi moins souvent absents. Malgré tous ces avantages, beaucoup d’employeurs pensent encore que le bonheur au travail est un petit plus intéressant, mais pas un must. Il est bien sûr impossible de contrôler tous les facteurs qui déterminent si un employé se sent bien ou non, mais vous pouvez créer des conditions favorables.

Donnez un bon sentiment à vos collaborateurs

Ce qui rend quelqu’un heureux peut laisser quelqu’un d’autre indifférent, voire malheureux. Une étude récente de Robert Half a toutefois démontré qu’il existe quelques facteurs universels qui influencent le bonheur au travail :

  1. Une affinité entre l’employé et l’employeur. Si vous engagez des gens qui correspondent à la culture d’entreprise, ils seront plus facilement intégrés et livreront plus rapidement des résultats. L’inverse est aussi vrai : une personne incompatible peut influencer négativement le moral de toute l’équipe.
  2. Un sentiment d’autonomie. Les employés qui peuvent prendre eux-mêmes des décisions, sont plus heureux. Non seulement parce qu’ils ont davantage confiance en eux, mais aussi parce qu’ils sont plus impliqués dans leur travail.
  3. Être valorisé. Lorsque vous montrez régulièrement aux membres de votre personnel que vous les appréciez, vous créez plus de loyauté et un environnement professionnel positif. Les compliments sont très efficaces lorsqu’ils sont adressés rapidement et de manière spécifique (les généralités semblent moins sincères).
  4. Un travail intéressant et qui a du sens. Les employés qui trouvent leur travail pertinent sont jusqu’à 2,5 fois plus heureux que ceux pour qui l’utilité de leur tâche quotidienne est moins évidente. Notre enquête a prouvé qu’il s’agit même du facteur de bonheur le plus important pour les travailleurs des secteurs créatifs. Un autre aspect qui entre en compte est la poursuite d’un objectif commun. De cette manière, les travailleurs continuent à s’investir, même lorsque les temps sont plus difficiles.
  5. Le sentiment que tout se déroule de manière juste. L’honnêteté et la transparence sont les mots-clés par excellence pour les preneurs de décision. Concrètement, cela implique entre autres une politique salariale claire, mais aussi de la clarté concernant les promotions et la répartition des projets. Veillez à ce que votre personnel se sente entendu et ose parler des éventuels problèmes.
  6. Les liens avec les collègues. Un sentiment de camaraderie entre les collègues favorise non seulement la communication et la collaboration au sein de l’équipe mais génère aussi davantage d’innovation et de créativité. Même si la personnalité de chaque individu joue un rôle, l’esprit d’équipe commence avec les managers. Lorsque vous respirez la positivité, vous transmettrez le virus à votre personnel et, indirectement, à vos clients.

Certes, vous n’avez aucun contrôle sur un certain nombre d’éléments-clés (comme la situation familiale de vos collaborateurs), mais vous pouvez apporter votre contribution en créant un cadre de travail positif et sain. Vous en récolterez les fruits sous la forme d’employés désireux de travailler mieux et plus longtemps pour vous.

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