Six employeurs du secteur privé sur dix attachent trop peu d’importance à l’intelligence émotionnelle

Une étude menée par le cabinet de recrutement spécialisé Robert Half révèle que plus de la moitié (56 %) des employeurs du secteur privé attachent trop peu d’importance à l’intelligence émotionnelle - (QE, pour quotient émotionnel), soit la capacité d’évaluer ses propres émotions et celles des autres - lors du recrutement.

Une étude menée par le cabinet de recrutement spécialisé Robert Half révèle que plus de la moitié (56 %) des employeurs du secteur privé attachent trop peu d’importance à l’intelligence émotionnelle - (QE, pour quotient émotionnel), soit la capacité d’évaluer ses propres émotions et celles des autres - lors du recrutement. On note aussi d’importantes disparités entre les différentes régions. Plus de la moitié des managers interrogés déclarent toutefois que l’intelligence émotionnelle est au moins aussi importante que le QI de leur personnel.

  • 36 % des employeurs du secteur public considèrent l’intelligence émotionnelle comme une faculté très importante pour les travailleurs, contre 19 % dans le secteur privé.
  • À Bruxelles, 32 % des employeurs considèrent que le QE est très important, contre 15 % en Flandre et en Wallonie.
  • 56 % des managers interrogés considèrent que le QE est au moins aussi important que le QI.

Le secteur public et le secteur privé ne sont pas égaux

Les employeurs du secteur public attachent plus d’importance à l’intelligence émotionnelle que leurs homologues du secteur privé. Le secteur privé est néanmoins conscient du problème : plus de la moitié (56 %) des employeurs privés estiment que leur entreprise n’accorde pas suffisamment d’attention à l’intelligence émotionnelle lors du recrutement.

Les travailleurs qui présentent un quotient d’intelligence émotionnelle (QE) élevé ont une plus grande capacité à évaluer leurs propres émotions et celles de leurs collègues et clients. Selon une étude du Forum économique mondial, l’intelligence émotionnelle offre des avantages tels qu’un meilleur travail en équipe (37 %), un meilleur leadership (45 %) et une meilleure ambiance de travail (46 %). Autant d’aspects qui ont un impact positif sur l’entreprise et ses travailleurs.

« Les travailleurs qui présentent un QE supérieur travaillent mieux en équipe et sont de meilleurs leaders : il est donc crucial que les entreprises s’intéressent aussi à l’intelligence émotionnelle lorsqu’elles embauchent de nouveaux talents. Notre étude montre que le secteur public insiste déjà sur l’importance du QE. Le secteur privé doit rattraper son retard rapidement, en particulier les petites et moyennes entreprises. Elles pourront ainsi mieux se positionner dans la guerre des talents. Des équipes de plus en plus nombreuses, diversifiées et autonomes soulignent chaque jour davantage l’importance de l’intelligence émotionnelle, » explique Iris Houtaar, Associate Director chez Robert Half.

Différences entre les régions

Les employeurs bruxellois mettent davantage l’accent sur le QE que leurs collègues flamands et wallons. 32 % des employeurs bruxellois affirment que l’intelligence émotionnelle est très importante, contre seulement 15 % en Flandre et en Wallonie. Près de deux tiers des employeurs bruxellois (63 %) estiment qu’ils attachent trop peu d’attention au QE lors du recrutement. Ce chiffre tombe à 53% en Flandre et à 47% en Wallonie.

« Il convient également de noter la différence entre les régions : les employeurs bruxellois attachent plus d’importance au QE que leurs homologues wallons et flamands. Cela s’explique en partie par le fait que, d’une part, Bruxelles compte plus d’institutions publiques et qu’il y a, d’autre part, proportionnellement plus de grandes entreprises dans la capitale. Les grandes entreprises attachent, en effet, presque deux fois plus d’importance au QE que les PME (27 % contre 14 %) et disposent de plus de ressources et de personnel à cet égard, » explique Iris Houtaar.

QI contre QE

Plus de la moitié (56 %) des managers interrogés ayant un pouvoir de recrutement considèrent le QE comme au moins aussi important que le QI. Il n’est donc pas surprenant que la majorité des managers sonde l’intelligence émotionnelle des candidats lors du recrutement. Ils mesurent le QE au moyen de différents tests : 73 % mesurent le comportement des candidats par le biais de questions lors de l’entretien, 41 % contactent les références du candidat et 32 % utilisent des tests de personnalité. Ils ne sont que 6 % à ne pas mesurer l’intelligence émotionnelle.

« Sonder l’intelligence émotionnelle est crucial : les travailleurs qui ont un QE plus élevé sont plus à même d’accomplir des tâches sous pression, de prendre des décisions pondérées et plus rationnelles, d’agir avec diplomatie et de faire preuve de discrétion et de tact. Les employeurs ont donc tout intérêt à recruter sur la base de la personnalité et du potentiel. Il est plus simple d’apprendre des compétences techniques à un nouveau travailleur que d’enseigner des compétences sociales à un candidat plus expérimenté, » conclut Iris Houtaar.