Pourquoi nous pouvons être optimistes pour l’emploi en 2017

Emploi 2017

Ce sera l’année des défis et des opportunités pour les responsables RH. Article d’opinion de Frédérique Bruggeman, Managing Director de Robert Half Belux.

2016 a été une année mouvementée à bien des égards. Ces derniers mois, les médias n’ont cessé de parler des nombreuses restructurations et de la perte d’innombrables emplois dans les entreprises belges. Malgré cela, nous voyons des signaux positifs. Les entrepreneurs belges sont modérément positifs pour l’année à venir et je perçois moi aussi des signaux qui nous permettent d’être optimistes – avec prudence. D’après les chiffres de Belstat et Eurostat, le taux de chômage a diminué en 2016 et les offres d’emploi augmentent dans notre pays.

Ces chiffres sont confirmés par l’étude Workplace de Robert Half. Elle montre que plus de trois responsables RH sur quatre vont créer de nouveaux emplois. Cette évolution positive est, selon nous, la conséquence d’une série de changements en Belgique. Il faut encore évaluer l’impact final du taxshift, mais d’après les études du Bureau fédéral du Plan et de la Banque nationale, cette mesure devrait permettre la création de 45 000 à 64 500 jobs nets d’ici 2021. Le taxshift, et plus spécifiquement la réduction des cotisations patronales, va avoir un impact positif sur la politique de recrutement des entreprises, d’après les CFO et les directeurs financiers. 23 % d’entre eux prévoient ainsi de créer des jobs supplémentaires et plus d’un sur quatre déclare pouvoir offrir plus de contrats fixes aux travailleurs intérimaires.

Inscrivez-vous à notre newsletter

Emploi en 2017 : des travailleurs intérimaires pour s’adapter à la croissance

La demande pour les travailleurs intérimaires n’a jamais été aussi élevée, comme le montrent les dernières statistiques de Federgon. En octobre 2016, le nombre d’heures prestées en intérim a augmenté de 1,41 % par rapport au mois précédent. Par rapport à octobre 2015, le secteur intérimaire complet a enregistré une croissance de 7,28 %. Différents facteurs ont contribué à cette explosion de l’intérim. De plus en plus d’entreprises ont adopté une stratégie de recrutement flexible. Grâce à un mélange sain de travailleurs permanents et intérimaires, elles peuvent plus rapidement s’adapter aux changements. Les entreprises font plus vite appel à des salariés intérimaires pour faire face aux pics de travail et se développer progressivement.

À partir de 2017, les étudiants pourront travailler plus souvent et plus facilement. La législation a été assouplie afin qu’ils puissent travailler 475 heures par an au lieu de 50 jours. Cette mesure simplifie le recours aux étudiants jobistes pour les entreprises, qui gagnent ainsi en flexibilité. En conséquence, encore plus d’étudiants pourront acquérir une expérience professionnelle utile au moyen de jobs d’étudiants, un atout précieux lors de la recherche d’un premier emploi.

Une évolution technologique positive

D’après les estimations de la Commission européenne, neuf emplois sur dix nécessiteront des compétences numériques à l’avenir. Cela n’aura pas forcément des conséquences négatives sur l’emploi, comme l’avènement de la numérisation le faisait craindre initialement. La Commission européenne a calculé que le développement de l’économie numérique a créé 1 million d’emplois en Europe pour les spécialistes de l’informatique au cours des trois dernières années, et les perspectives sont positives.

L’intelligence artificielle va déboucher sur un progrès technologique et va requérir de nouvelles compétences. Cette (r)évolution nécessite des compétences adaptées dans le chef des travailleurs, raison pour laquelle les formations internes et la formation continue sont plus importantes que jamais. En 2017, les entreprises devront avoir une vision claire de leur gestion du personnel et des modifications à lui apporter. Un audit de compétences permet par exemple d’avoir une meilleure compréhension de l’équilibre entre le développement des talents internes et le recrutement de travailleurs intérimaires et permanents. C’est, pour les patrons et les entreprises, un critère important, voire crucial, en 2017.

2017, l’année des défis pour les responsables RH

Malgré les prévisions positives, l’année prochaine sera riche en défis pour les responsables RH. 92 % des responsables RH belges éprouvent toujours des difficultés à conserver des employés qualifiés. Plus de 4 sur 5 craignent d’ailleurs que leurs meilleurs employés quittent l’entreprise. La guerre des talents fait donc plus que jamais rage.

En 2017, il faudra trouver le bon candidat pour le bon poste. La vitesse est chaque jour plus importante dans ce cadre. Avec un pool de talents toujours plus étroit et un manque de professionnels très qualifiés, la concurrence s’accroît pour attirer les meilleurs candidats. Si le processus de recrutement dure trop longtemps, les entreprises courent le risque de perdre le candidat de leurs rêves. Il est également essentiel de garder ces talents de premier ordre. La gestion des talents et une stratégie de rétention attractive sont de la plus haute importance pour conserver les meilleurs employés. Il faut aussi s’adapter aux salariés : quelle flexibilité pouvez-vous offrir à vos travailleurs et répondez-vous ainsi à leurs souhaits ? Tout ceci détermine la réputation et l’image de marque de votre entreprise en tant qu’employeur – deux critères décisifs pour attirer les candidats.

Les dirigeants et les responsables RH doivent se poser les questions suivantes le 2 janvier 2017 : quelle est la valeur ajoutée de notre entreprise ? Qu’est-ce qui la rend unique ? Pourquoi les (meilleurs) candidats veulent-ils travailler chez nous ? Nous souhaitons d’ores et déjà une année couronnée de succès aux entreprises belges !

Inscrivez-vous à notre newsletter

Partagez cette page