Assurer son nouvel emploi

Publié par Robert Half le 01/02/2021

Dans son quatrième webinaire du 25/02/2021, Robert Half fournit les outils pour décrocher un nouvel emploi et impressionner vos employeurs potentiels. L’obtention d’un nouveau poste comporte souvent de nombreuses étapes. Robert Half tente dans ce dernier webinaire, de gérer vos attentes tout au long du processus : depuis la maîtrise du CV et de la lettre de motivation à la prise en compte de vos compétences relationnelles et du rôle des tests psychométriques.

Host: Joël Poilvache – Director – Robert Half
Rejoint par: 

  • Isabelle Masset - Associate Director - Robert Half
  • Véronique Bruliau - Business Coach Prismalia & HR Manager Natagora
  • Sabine Nieuwenhuys – FormActrice in verbal & nonverbal communication, interpersonal communication and teambuilding

À partir de 3 sondages, les intervenants interprètent les réponses données par les participants et clarifient leur point de vue.
 

 

1. À la question du 1ier sondage : « Quel est votre statut personnel ? », 14% des participants confirment être employé(e)s. 31% sont employé(e)s en quête de nouveaux projets et 55% se disent disponibles et demandeurs d’emploi. 

 

Joël Poilvache enchaîne tout de suite avec la question : « Quels sont les mécanismes à développer en période d’incertitude ? »
Véronique Bruliau prend la parole en première. Elle estime qu’en cette période difficile de confinement il faut tenter de sortir grandi de la crise et se recentrer sur les vrais besoins. Il faut adopter une position ‘hélicoptère’ et mener une enquête plus globale en s’interrogeant sur ce qui est vraiment important dans : 

  • notre vie professionnelle,
  • la sphère de notre vie privée et
  • celle de notre santé.

Ces trois pôles sont interconnectés et s’influencent tellement qu’on peut parler d’une systémique. En ces temps incertains, il importe d’exploiter nos ressources de résilience et d’explorer ces trois sphères. La crise nous a en plus bousculé dans nos facteurs de motivation, qu’elles soient intrinsèques ou extrinsèques. On distingue 4 moteurs principaux qui, quand on les nourrit, augmentent notre motivation :

  1. l’autonomie
  2. les compétences
  3. les relations
  4. les valeurs

Le besoin d’autonomie implique d’avoir la liberté de faire ses propres choix. Est-ce que le télétravail imposé m’apporte plus d’autonomie ou est-ce plutôt une restriction à ma liberté ? Cette réflexion permet d’identifier quels sont nos facteurs de motivation et quels éléments sont importants dans le choix de la société où on veut aller travailler.
Les compétences correspondent au sentiment d’efficacité vis-à-vis de son environnement. Est-ce que je me sens utile, est-ce que j’ai un impact par mon travail ? Ce travail m’apprend-t-il quelque chose de nouveau ?
Les relations ou les rencontres avec d’autres personnes sont mises à l’épreuve en cette période de crise. Certains en souffrent plus que d’autres, comment cela s’est-il passé pour moi ? Qu’est-ce que cela signifie pour moi en termes de motivation pour le job que je vais trouver?
Au niveau des valeurs on a tous des principes que l’on cherche à respecter. Comment la crise a-t-elle bousculé ces notions de valeur chez moi ?
Que l’on soit demandeur d’emploi ou à la recherche de nouveaux défis, il faut toujours se poser la question si la crise sanitaire nous a apporté quelque chose dans la compréhension de nos facteurs de motivation, intrinsèques et extrinsèques. Dans quel type d’entreprise par exemple est-ce que je peux nourrir tel ou tel facteur de motivation ? Il faut prendre le temps de faire ce bilan personnel car c’est une manière d’être résilient et de mettre en place des mécanismes pour traverser la période d’incertitude actuelle.
Sabine Nieuwenhuys ajoute encore que, certes, l’incertitude fait partie de notre réalité mais il faut essayer de faire la différence entre les éléments de notre vie qui nous échappent et ceux sur lesquels on a une prise. Dans ce contexte, il est essentiel aussi de redéfinir l’échec : il peut nous apprendre quelque chose. Joël Poilvache recommande à ce sujet de lire le traité « Les vertus de l’échec » de Charles Pépin. 

Joël Poilvache : « Selon votre expérience, que recherchent les employeurs actuellement quand ils recrutent ? »
Selon Véronique Bruliau on recherche plusieurs choses : les compétences techniques doivent bien sûr être rencontrées mais on s’attarde aussi aux soft skills ce qui signifie que, de manière générale, on recherche des personnes positives qui peuvent gérer avec autonomie leur fonction.
Parmi les critères essentiels on retrouve :

  • l’autonomie ou la capacité de discerner nos zones d’excellence, de bonne connaissance et de lacunes,
  • l’adaptabilité ou la capacité de rester ouvert au changement et de se fixer des limites par rapport à celui-ci (pouvoir gérer sereinement les aléas et prendre du recul),
  • la motivation, essentielle dans le sens qu’elle permet d’identifier ce qui ne va pas, tout en restant positif (on apporte des solutions plutôt que de rester dans un état d’esprit négatif),
  • la communication enfin, très importante actuellement car tout le monde travaille dans son coin, à distance.

Sabine Nieuwenhuys rejoint tout à fait Véronique et souligne que le recruteur d’aujourd’hui a besoin de ‘caméléons’ qui s’adaptent facilement et qui prennent des initiatives, avec un esprit positif.
Isabelle Masset résume et conclut avec 4 critères qui sont actuellement importants lorsqu’on recrute :

  • la ‘coachabilité’ ou l’ouverture au feedback et la capacité de suivre des directives,
  • la perspicacité commerciale ou la façon dont on s’intègre dans la société,
  • le caractère ou la façon dont on se comporte avec sa hiérarchie et avec les collaborateurs,
  • la capacité de résilience ou la capacité de délivrer lorsqu’on attend quelque chose de vous.
     

 

 

2. Au second sondage, « Comment vous sentez-vous lors d’un entretien d’embauche ? », 80% des participants ont répondu être très confiants, alors que 17% ne le sont que très peu et 3% pas confiants du tout.

 

À la question de Joël Poilvache : « À quoi ressemble un bon CV et une bonne lettre de motivation ? », Isabelle Masset essaie de répondre brièvement car le sujet a déjà été couvert en détail dans un webinaire précédent.
Le CV doit être représentatif pour notre image. Pour un recruteur, il faut que le CV soit bref et limité à l’essentiel. On utilisera sa créativité en fonction du domaine visé. Il est primordial d’être structuré et concis (une page maximum) avec un fil conducteur qu’on peut évoquer par des ‘bullet points’. Le CV doit aussi mettre en avant nos réalisations et nos compétences (hard skills et soft skills) et refléter les traits de notre personnalité. Sans fautes d’orthographe. Isabelle Masset conseille aussi d’avoir plusieurs CV en fonction des annonces et de mettre certaines expertises et expériences spécifiques en avant par rapport à l’annonce à laquelle on répond.

Au niveau de la lettre de motivation, les lignes conductrices sont les mêmes. Elle doit être brève et appropriée à l’annonce ou à la société en question. L’interlocuteur qui lit votre lettre doit être convaincu d’avoir trouvé en vous la personne idéale pour le poste.
Pour bien se préparer à un entretien – essentiel si on veut faire comprendre qui on est et pourquoi on postule - Véronique Bruliau conseille aux candidats de tracer leurs lignes du temps et de parcourir leur histoire. Quelles sont les grandes étapes de ma vie ? Il ne faut pas se limiter au parcours professionnel. Les jeunes candidats peuvent ainsi remonter à leurs activités d’adolescent. Pour chacune de ces étapes, il faudrait se demander ce qu’on a appris et quelles étaient les ressources qu’on a utilisées. Un jeune joueur de volley par exemple peut avoir aimé la dynamique d’équipe, la collaboration avec les autres joueurs. Il s’agit de faire émerger tous les éléments de compétence, de ressource, de ce qui motive et de ce qui motive moins, pour pouvoir les utiliser dans l’identification de la fonction pour laquelle on veut postuler. En regardant cette ligne du temps, on peut donc dégager des éléments importants que l’on peut utiliser lors des entretiens. Il s’agit de faire des liens entre les différentes étapes de ce qu’on a vécu pour donner de la profondeur et du poids dans ce qu’on va expliquer sur les éléments de motivation qui font qu’on postule pour un poste spécifique. 

Sabine Nieuwenhuys complète en ajoutant que cette ligne permettra de s’approcher de nous-mêmes et de nos valeurs. Elle souligne l’importance de rester le plus authentique possible, de ne pas en rajouter et de rester enthousiaste. Ce qui a du sens pour nous, a aussi du sens pour l’employeur.
Aux personnes ayant déjà des expériences professionnelles, Isabelle Masset conseille de relire leurs anciennes évaluations et d’interpréter les remarques avec un peu de recul, en toute objectivité, pour mieux comprendre comment elles peuvent aider à exploiter de bonnes pistes. Il est important aussi d’aller à l’écoute de ses proches. Les adolescents sans expérience professionnelle en tant que telle, pourraient faire écho à des travaux d’étude pour voir comment les choses se sont passées ou pour s’interroger sur leurs propres interactions, par exemple dans un sport collectif ou un mouvement de jeunesse. Ces expériences non-professionnelles leur serviront pour de prochains clients.   

Joël Poilvache confirme qu’un entretien d’embauche peut gérer du stress et cherche à comprendre comment on peut gérer l’anxiété liée à celui-ci ?
Sabine Nieuwenhuys enchaîne en disant qu’il faut analyser ce qui se cache derrière le stress. Deux clés peuvent nous aider à nous détendre.
La clé physique selon laquelle il faut travailler sa respiration ventrale qui est plus profonde que la respiration par les poumons.
La clé mentale qui aide à se concentrer sur le désir qui se cache derrière la peur pour oublier la peur même. Il ne faut pas oublier qu’on est à un entretien d’embauche mais qu’on est là aussi pour soi et pour voir si le job conviendra. On n’est pas à un examen mais à un échange d’informations entre deux personnes, pour voir s’il y a un match. Le candidat n’a pas moins d’importance que son interlocuteur. Nos ressentis sont essentiels. Il ne faut pas non plus avoir peur d’avoir peur. Il s’agit de prendre conscience de sa vulnérabilité et de l’accepter. À ce propos, Sabine invite les participants à voir la vidéo très parlante de Brené Brown, intitulée ‘Le Pouvoir de la Vulnérabilité’. Souvent les faiblesses peuvent être des forces.
Le stress n’est donc pas une chose négative, mais plutôt une prise de conscience de quelque chose d’important qui se joue pour nous.  
Un recruteur sait que tous les candidats (depuis l’adolescent avec peu de bagage à la personne plus âgée avec beaucoup d’expérience), peuvent être stressés. Cela ne pose aucun problème. Si l’entretien d’embauche est le seul moyen d’entrer en contact avec un candidat pour déterminer si oui ou non cette personne va convenir à la fonction, il est vrai également que les deux côtés ont besoin d’infos. Le candidat doit se positionner en parité avec le recruteur, poser des questions et peser les différents éléments importants pour lui.  

 

3. Dans un dernier sondage on a demandé aux participants s’ils sont prêts à décrocher leur prochain emploi ? 66% ont répondu dans l’affirmative tandis que 34% se disent moyennement prêts. 

 

Mais comment savoir si l’offre est la bonne pour vous ?
Véronique Bruliau souligne l’importance de s’interroger sur son futur et de revenir après dans le ’ici et maintenant’. Qu’est-ce que je veux dans dix ans ? Mon nouveau job (sa structure, son secteur d’activité) va-t-il me permettre d’avancer vers les objectifs que j’ai envie d’atteindre et rencontre-t-il mes valeurs ?

Sabine Nieuwenhuys ajoute qu’il est fondamental que les valeurs soient alignées. Elle insiste sur les intuitions et les ressentis. Est-ce que je me vois faire cela tous les jours ? Isabelle Masset répète qu’il faut faire appel à son miroir ou à une personne de confiance pour un feedback constructif (même si celui-ci est désagréable).
La réponse à la question sur la façon dont il faut se préparer à un entretien virtuel, semble évidente : il a beaucoup de choses en commun avec l’entretien classique. Sabine Nieuwenhuys insiste sur la maîtrise de la technologie (tester le matériel avec un ami…) ce qui enlève déjà une dose du stress à gérer. Il faut en plus faire en sorte que le décor soit en harmonie avec ce qu’on dit. La tenue vestimentaire est importante aussi parce que c’est la première chose qu’on remarque. Il faut se montrer enthousiaste et authentique. Il convient d’éliminer aussi les éléments perturbateurs (un chien, des enfants, des bruits de tout genre). Il est essentiel enfin, de poser de vraies questions, en résonance avec ses valeurs.

Véronique Bruliau souligne encore que si un problème technique se présente, il est important de rester calme. Il faut accepter sa vulnérabilité et la manière dont on résout le problème, donne des informations à votre sujet.
En termes de préparation pour l’entretien virtuel il est bon de bien se renseigner sur l’interlocuteur qu’on va rencontrer, sur la société et sur ses concurrents éventuels. LinkedIn est un bon ami ! Il peut être intéressant aussi d’avoir son CV sous la main.  

Sabine Nieuwenhuys conclut avec les paroles de Pedro Correa : « Écoutez-vous, recherchons la joie, la société a besoin de gens heureux ». 
En cette fin de session les participants ont eu l’occasion de poser des questions personnelles et spécifiques auxquelles nous avons répondu pendant et après le webinaire.
 

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