Leadership au féminin : le plafond de verre se fissure peu à peu

Publié par Robert Half 09/05/2014

Quantité d’organisations de défense des droits des femmes luttent depuis des années contre le plafond de verre, métaphore de l’inégalité existant encore entre hommes et femmes dans le monde du travail.

Si le combat semblait encore perdu d’avance il y a seulement dix ans de cela, les choses se sont entretemps sensiblement améliorées. Une enquête menée par Robert Half révèle en effet que l’écart salarial global s’amenuise et que, dans le secteur financier notamment, les femmes sont de plus en plus représentées aux postes supérieurs. Il est toutefois encore trop tôt pour crier victoire. État des lieux…

Plafond de verre : l’époque des ‘Mad Men’ est révolue

Les origines du plafond de verre (glass ceiling en anglais) remontent aux années 80. Les Américains ont inventé cette expression pour désigner la barrière invisible à laquelle se heurtaient les femmes convoitant une fonction dirigeante. Si vous connaissez la série ‘Mad Men’, vous savez qu’il existait un plafond de verre ‘avant la lettre’ bien avant les années 80. Dans cette série télévisée américaine dont l’action se déroule dans les années 60, les hommes gravissent allègrement les échelons hiérarchiques de l’entreprise, alors que les femmes doivent se contenter du statut de femme au foyer ou d’un poste subalterne. Les choses ont heureusement bien évolué depuis la période des ‘Mad Men’. En 2014, les femmes ont bel et bien leur place au sommet de la hiérarchie. Pensez notamment aux femmes de pouvoir belges que sont Dominique Leroy (CEO de Belgacom), Saskia Van Uffelen (CEO de Bull), Sonja Rottiers (CFO d’Axa Belgium) ou encore Michèle Sioen (présidente de la FEB).

Pas encore de changement radical

Malgré les exemples susmentionnés, on ne peut pas encore parler de revirement spectaculaire. La meilleure preuve en est l’Equal Pay Day (journée de l’égalité salariale), qui tombait le 18 mars; en 2014. Cette date variable correspond au nombre de jours de travail supplémentaires que les femmes doivent prester pour gagner autant que les hommes en un an, en l’occurrence deux mois et 18 jours. Depuis le lancement de ce recensement en 2005, l’Equal Pay Day a reculé du 31 mars au 18 mars en 2014. Une tendance certes positive, mais pas révolutionnaire. Divers facteurs entrent en jeu :

  • Culture d’entreprise : stéréotypes en vigueur dans la sphère professionnelle et forte concurrence masculine.
  • Choix de carrière : les femmes travaillent plus souvent à temps partiel ou optent pour des secteurs plus ‘soft’ et moins bien rémunérés.
  • Équilibre vie privée-vie professionnelle : les entreprises ne font pas toujours preuve de flexibilité à l’égard du leadership à temps partiel.

Nettement plus d’opportunités pour les femmes disposant d’une expérience en finance

Si la féminisation des directions d’entreprise se poursuit avec lenteur, certains secteurs sortent du lot. C’est notamment le cas de la finance et de la comptabilité, comme en témoigne une enquête indépendante menée par Robert Half auprès de 200 CFO et directeurs financiers belges :

  • Près de six CFO et directeurs financiers sur dix (59%) estiment que les femmes ont un peu plus (46%) ou beaucoup plus (13%) d’opportunités d’avancement au sein du département comptable et financier.
  • 32% ne perçoivent pas de changement par rapport à il y a dix ans. Une petite minorité estime enfin que les femmes ont un peu moins (7%) voire beaucoup moins (3%) d’opportunités d’avancement.
  • La très grande majorité des répondants sont d’avis qu’une expérience en finance augmente les chances de nomination des femmes au conseil d’administration (93%) et à la direction générale d’une entreprise (91%).

Le plafond de verre en Belgique

Comment la Belgique se situe-t-elle par rapport aux autres pays européens ? 59 % des CFO et directeurs financiers pensent que les femmes ont plus d’opportunités d’avancement qu’il y a dix ans. Nous nous inscrivons ainsi dans la même lignée que l’Autriche (61 %) et le Royaume-Uni (59 %). Nous faisons mieux que les Pays-Bas (50 %), mais moins bien que la Suisse (69 %). Au niveau mondial, ce sont surtout l’Océanie (76 %), l’Amérique du Sud (78 %) et l’Asie (80 %) qui montrent le bon exemple. À nous d’essayer de les rattraper…

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