Pourquoi un poste vacant coûte plus cher à votre entreprise que vous ne le croyez

Publié par Robert Half 09/10/2018

Les postes non pourvus au sein d’une entreprise peuvent avoir des conséquences imprévues sur la productivité et le moral de l’équipe. Des entreprises peuvent perdre un candidat de choix si leur processus de recrutement est trop long. Il en va de soi. Mais dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre, les entreprises d’aujourd’hui se mènent une guerre des talents qui peut être une perte décevante et dommageable sur le plan commercial.

Un processus de recrutement long ou inefficace peut avoir des conséquences profondes et engendrer des coûts cachés non seulement pour une entreprise, mais aussi pour l’ensemble d’un marché. Les conséquences macroéconomiques qui en résultent pourraient avoir des répercussions résiduelles sur les entreprises et freiner l’économie et le programme de croissance de l’entreprise elle-même, l’empêchant de réaliser son plein potentiel. 

Par exemple, les PME sont le moteur de croissance de la plupart des économies mondiales, mais n’ont le plus souvent pas le pouvoir d’attraction des marques reconnues de premier plan, comme Google, Amazon ou Facebook. Elles ont souvent du mal à attirer les talents les plus recherchés, et la lenteur des processus de recrutement ne fait qu’aggraver le problème. Beaucoup d’entreprises susceptibles d’attirer au départ un candidat de haut calibre découvrent ensuite qu’elles ne sont pas en mesure d’obtenir leur premier choix.

Selon 38 % des directeurs mondiaux, le fait d’avoir des postes non pourvus pendant plus d’un mois serait la conséquence directe de la perte de candidats au cours du processus de recrutement.
Les candidats les plus demandés ne cherchent pas activement à changer d’entreprise : ils occupent déjà des postes, mais pourraient être tentés de déménager si une occasion passionnante se présente à eux. Si un processus de recrutement traîne en longueur, de nombreux candidats perdent leur intérêt, décident de rester là où ils sont ou acceptent une autre offre.

Cela peut avoir des conséquences plus larges sur la réputation d’une entreprise, particulièrement en sa qualité de recruteur. En raison de la transparence des médias sociaux et des sites d’évaluation des milieux du travail comme Glassdoor, les candidats obtiennent des points de vue privilégiés sur les processus de recrutement, et, dans le cas d’expériences négatives, ils peuvent se prononcer en ligne sur de tels sites. Le candidat d’aujourd’hui peut devenir le client de demain : imaginez les coûts résiduels pour l’entreprise ! 

Selon le Harvard Business Review, la mauvaise réputation d’une entreprise peut entraîner une augmentation des frais de recrutement de près de 10 % par poste à pourvoir. C’était le différentiel moyen requis pour convaincre un candidat de rejoindre une entreprise qui, selon lui, jouissait d'une mauvaise réputation.

Un candidat ayant vécu une mauvaise expérience peut vous coûter cher. Comme l’explique David Green, expert en analyse de personnes, Virgin Media au Royaume-Uni s’est rendu compte que des expériences négatives dans le processus de recrutement ont entraîné la démission de candidats en tant que clients, ce qui a entraîné la perte d’un chiffre d’affaires de 7,7 millions d’euros. Le fait d’aborder et d’améliorer l’expérience du candidat a donc eu un avantage financier tangible, direct et immédiat pour l’entreprise.

La perte de productivité est une répercussion supplémentaire pour les entreprises ayant des processus de recrutement longs et inefficaces. Deloitte a calculé le coût total relié au roulement volontaire du personnel, y compris les coûts directs de remplacement d’un employé, la réduction intermédiaire des coûts salariaux pendant qu’un poste demeure vacant et, par-dessus tout, le total des coûts de productivité perdus au cours de cette période.  

Selon les conclusions de Deloitte, le roulement volontaire coûte des millions de dollars aux entreprises, les économies potentielles sur la rémunération d’un poste vacant s’élevant à une fraction du coût total engendré par le poste vacant - 14 % dans l’exemple en question - , des revenus potentiels et de la productivité qu’une personne en poste peut fournir. Retarder une décision de recrutement aggrave les défis auxquels sont déjà confrontées les entreprises qui cherchent à fidéliser leurs meilleurs employés et peut s’avérer une aventure extrêmement coûteuse. 

Parmi les coûts potentiels pour une entreprise, il faut aussi prendre en compte l’impact sur ses employés et les membres de sa direction. Les postes vacants affecteront le moral des employés. Ces derniers ne peuvent que s’acquitter de tâches supplémentaires, lourdes, seulement pendant une certaine période. Si celle-ci s’éternise, les employés deviendront malheureux au travail, et risquerontn de perdre leur motivation. 

Selon la majorité des managers de part et d’autre du monde, la rotation du personnel a augmenté au cours des trois dernières années. Plus de la moitié d’entre eux prévoient que ce phénomène ira en s’aggravant au cours des douze  prochains mois. Cela étant, le fait de prolonger le processus de recrutement pourrait avoir une incidence supplémentaire sur la rétention des employés si ceux-ci ne sont pas en mesure de s’adapter. 

Bien que des pressions compréhensibles soient exercées sur les entreprises pour qu’elles pourvoient les postes vacants, la ruée vers les talents devrait toujours être contrebalancée par la nécessité de trouver le bon candidat. Non seulement de mauvais processus de recrutement peuvent créer des problèmes pour l’équipe, mais de plus en plus d’employés peuvent prendre la porte, augmentant davantage les coûts de recrutement. Le Harvard Business Review explique que, par exemple, 80 % de la rotation du personnel est dû à de mauvaises décisions de recrutement. De plus, selon la Society for Human Resource Management, une association américaine de professionnels de la gestion des ressources humaines, il peut coûter aux entreprises, en tenant compte du temps perdu et des répercussions sur les clients et employés, jusqu’à cinq fois le salaire annuel d’un poste si celui-ci fut l’objet d’un mauvais choix de recrutement. 

Il faut donc trouver le juste équilibre. Trouver le bon candidat sera payant à long terme, car les employés sont le moteur d’une entreprise en pleine croissance. Mais une entreprise dotée de processus de recherche et de recrutement fiables, une entreprise qui demeure concurrentielle et productive, sera capable de se démarquer dans la guerre des talents d’aujourd’hui. Elle sera gagnante, en chemin vers de nouvelles possibilités dans les affaires, et une croissance économique inespérée. 

65 % des responsables RH belges ont déjà perdu des candidats qualifiés car le processus de recrutement était trop long.

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